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Crise de l'élevage

Les syndicats reprochent le manque de considération des instances européennes

Publié le mardi 08 septembre 2015 - 17h24

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Après les annonces de la Commission européenne, hier à Bruxelles, les syndicats ont réagi. Et ils sont amers. Pour la Confédération paysanne, « l'Union européenne déclare son mépris aux paysans ». Elle a « osé se servir de la détresse des éleveurs pour aller encore plus loin dans le libéralisme, pour accélérer encore la disparition des paysans ». Et le syndicat de constater que « la maîtrise attendue par des milliers de manifestants n'a même pas été portée par Stéphane Le Foll. Même le relèvement du prix d'intervention a été balayé sous prétexte de compétitivité ! Seules les avances d'aides Pac pourront donner un peu d'air aux éleveurs ».

 

La Coordination Rurale (CR) perçoit comme « une provocation » l'annonce hier à Bruxelles par la Commission européenne d'une aide de 500 millions d'euros pour répondre « aux difficultés abyssales des agriculteurs européens ». Ce n'est qu' « un pansement sur une jambe de bois et ne répondent en rien aux besoins des producteurs pour éviter la faillite ». « Il convient de garder en mémoire que l'enveloppe débloquée pour la seule crise des concombres était de 210 millions d'euros pour mesurer le mépris des eurocrates et des ministres à l'égard de leurs agriculteurs ». « Une profonde réforme de la Pac est urgente afin qu'elle remplisse à nouveau ses objectifs initiaux, à savoir garantir la sécurité alimentaire de l'Union européenne et la stabilité des prix et des marchés, à un coût modéré pour les citoyens et assurant des revenus décents aux agriculteurs », explique la CR.

 

JA (Jeunes Agriculteurs) a opté pour l'humour pour tirer le bilan de la journée d'hier. « Alors que les organisations agricoles européennes ont passé au peigne fin toutes les rues du quartier des instances européennes, elles n'ont pas trouvé l'once d'une idée, d'une proposition ou d'un semblant de considération de la part du commissaire » européen à l'Agriculture Phil Hogan, resté « introuvable ». Son programme : négociations avec la Chine, le Japon et la Colombie pour supprimer les barrières à l'exportation des produits agricoles, recours au stockage privé ou l'extension du paquet lait aux autres secteurs : « On se sent mieux tout d'un coup. Mais ce n'est pas tout, il nous a aussi laissé un chèque de 40 € par exploitation. » Fin de la plaisanterie. « Le Commissaire s'est moqué de nous. Son aveuglement ultralibéral face à la crise est inacceptable. Nous sommes venus réclamer des mesures structurelles pour le long terme : des mesures européennes pour anticiper et gérer les crises, des mesures pour sécuriser les revenus des jeunes agriculteurs. Personne ne nous a entendus. »

 

Plus directement, Xavier Beulin, président de la FNSEA, reprochait hier à la Commission de ne « rien » proposer, et à la Pac de ne « rien » offrir. Il réclamait une réouverture « même partielle » du marché russe, un soutien des prix et des marchés par des mesures sur le prix d'intervention, les restitutions et l'exportation sur les pays tiers. Il réclamait également un étiquetage sur l'origine des aliments, et de ne pas tout lâcher dans les négociations sur le TTIP avec les Américains.

 

La FNCL (Fédération nationale des coopératives laitière) « déplore une aide d'urgence insuffisante et sans effet sur les marchés ». Elle reproche à la Commission de rester « sourde [à la crise] en proposant des mesures inadéquates ». Ainsi, relever les seuils d'intervention « aurait eu un effet stabilisateur sur les marchés et aurait donc engendré une répercussion positive sur le prix du lait payé aux producteurs (ce qui n'est pas le cas du stockage privé, plutôt apparenté à une facilité de gestion pour les opérateurs). » La FNCL rappelle « l'urgence de réformes de fond à l'échelle européenne, pour que les crises soient à l'avenir mieux anticipées et gérées ». 

 

Son de cloche plus modéré du côté du Copa-Cogeca, qui accueille positivement les mesures d'aides supplémentaires annoncées par la Commission, tout en les estimant encore « insuffisantes », en particulier en ce qui concerne les mesures d'aide à l'exportation, de soutien aux marchés ou d'adaptation à la volatilité.

 


Les commentaires de nos abonnés (1)
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Bruxelle

mardi 08 septembre 2015 - 20h46

Les instances européenes se moquent de tous ceux qui nourrissent la population car, trop soudoyes et engraisses.Quand y mettrons nous fin?
commentaires agriculteurs

danaubrac
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