Gasoil et câbles électriques volatilisés, armoires électriques saccagées, les agriculteurs de l’Aisne sont excédés par les vols sur leur exploitation. Premiers visés: les irrigants.
«Depuis plusieurs années, les agriculteurs sont victimes de vols de fuel ou de métaux sur leur exploitation, explique Christelle Lemaire, de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne. Mais cette année, le phénomène s’est vraiment amplifié. En mai, en un seul week-end, quinze effractions ont été signalées dans les cantons de Laon et de Sissonne.»
Compte tenu de l’ampleur des dégâts, le syndicat essaie de répertorier le nombre d’exploitants concernés. «Trois jours après l’envoi du courrier, 45 se sont déjà manifestés dans ces deux cantons, pour des vols réalisés depuis le mois de mars», indique-t-elle.
Les voleurs sont surtout à la recherche de fuel, de cuivre et d’acier. «Les installations d’irrigation sont particulièrement visées, les pilleurs coupent les câbles électriques des pivots et des armoires électriques», souligne Christophe Compère, agriculteur à Laon, à qui on a déjà dérobé du gasoil et une pompe. «L’an dernier, un producteur de petit pois, a perdu 40% de sa récolte après la destruction de sa station d’irrigation», ajoute-t-il.
Les dégâts peuvent se chiffrer à plusieurs milliers d’euros, sans compter la perte de production liée au fait de ne pas irriguer le temps des réparations.
Les agriculteurs excédés essaient d’imaginer des solutions pour enrayer le phénomène: faire appel à une société de gardiennage, fournir à la gendarmerie une carte de toutes les stations d’irrigation pour les rondes de nuit, leur demander d’être plus rigoureux sur les contrôles chez les acheteurs de métaux...
Une réunion est prévue prochainement avec des assureurs et le colonel de gendarmerie de Laon, pour étudier ces différentes pistes.
«Même s’il faut parfois insister pour que la gendarmerie accepte la plainte, il faut absolument porter plainte après un vol, souligne Christelle Lemaire. La plupart des agriculteurs n’y pensent pas. C’est pourtant l’accumulation des plaintes qui finit par alerter les services de la préfecture. Il est aussi important de se rapprocher de son assureur.»