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Barrage de Sivens

Les Zadistes reviennent nettoyer la zone

Publié le lundi 11 mai 2015 - 12h37

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Plus de deux mois après leur expulsion, des zadistes ont temporairement réinvesti lundi 11 mai le chantier du barrage de Sivens (Tarn), pour une opération nettoyage toute symbolique, surtout destinée à montrer qu'ils sont « prêts à se mobiliser » contre tout nouveau projet.


« Hé, j'ai trouvé un clou », lance une jeune militante au crâne à moitié rasé, en brandissant un long bout de ferraille rouillé. « Moi, j'ai une fourchette », répond sa copine, agenouillée sur une motte de terre. « On va pouvoir faire une brocante », lance un troisième zadiste. Râteaux, fourches et sacs poubelles en mains, une trentaine de zadistes et sympathisants ont à nouveau pénétré lundi à l'aube sur le site du projet de retenue d'eau vivement contesté, où le jeune écologiste Rémi Fraisse est mort le 26 octobre dans l'explosion d'une grenade des gendarmes.

 

Une opération de nettoyage

 

Un arrêté interdit tout accès, mais les zadistes ont profité de l'allègement du dispositif de sécurité, qui ne prévoit plus que des patrouilles des gendarmes, pour mener l'opération clandestine seulement connue de deux journalistes. « On veut éviter que les animaux, qui vont bientôt revenir sur les prairies, se blessent en mangeant les clous », explique une sympathisante, fouillant le sol avec une fourche. « C'est une démarche citoyenne. Nous n'avions pas eu le temps de nettoyer car on nous a expulsés. Maintenant, on le fait », ajoute un zadiste sexagénaire.


Depuis le 6 mars et l'expulsion de la quarantaine de zadistes qui occupaient encore le site, des entreprises spécialisées ont enlevé les tentes, cabanes et fortins qu'avaient installés les militants. Le vaste campement qui a hébergé jusqu'à des centaines de zadistes pendant seize mois n'est plus aujourd'hui qu'une clairière abandonnée où les herbes hautes montent jusqu'aux genoux. Mais ça et là, des tas de détritus calcinés jonchent le terrain, faits de ferrailles fondues, de matelas éventrés, de canettes de bière et de culots de grenades lacrymogène. Une camionnette brûlée est immobilisée non loin d'un bosquet.


« C'est une initiative médiatique pour mettre en évidence que les gros dégueulasses ne sont pas ceux qu'on croit », lance Jean-Claude, un membre du collectif d'occupants « Tant qu'il y aura des bouilles », dans une allusion aux pro-barrage qui accusent les zadistes d'avoir laissé des tonnes de déchets derrière eux. « On est soucieux de l'environnement », assène-t-il.

 

Une action symbolique qui en annonce d'autres plus sérieuses


Les militants, qui avaient pour intention de ne rester que quelques heures, avaient bien conscience qu'ils ne pourraient pas nettoyer les dizaines d'hectares. L'opération se voulait donc avant tout symbolique, dans une forme de baroud d'honneur après l'expulsion. Elle annonçait surtout d'autres actions plus sérieuses à venir et visait à montrer que les anti-barrage restent vigilants face à tout nouveau projet de retenue d'eau.


Le Conseil départemental du Tarn-et-Garonne a bien enterré le projet initial. Il a cependant adopté un nouveau projet de retenue d'eau, réduit de moitié et qui se situerait 330 mètres en amont seulement, voire plus près, du site actuel. Ce projet, surnommé le « Sivens light », est vivement combattu par les zadistes.  « On est aussi ici dans une dynamique. On se prépare à une autre manche : notre opposition au prochain projet de barrage », avertit Jean-Claude. « On veut montrer qu'on est toujours prêt à nous mobiliser car c'est loin d'être fini », explique un jeune barbu rouquin qui a vécu sur la « Zone à défendre » pendant un an.


Peu avant 09h00, une voiture de gendarmes fait son apparition. Un gradé vient demander aux zadistes jusqu'à quand ils comptent rester. « Des mois », leur répond-on en plaisantant. Des fourgonnettes suivent vite, avec quelques gendarmes mobiles tout équipés, puis, vers 10h00, la fin de la récré est sonnée et l'évacuation est ordonnée. Comme ils l'avaient promis, les zadistes quittent les lieux sans opposer de résistance. Sac poubelle rempli en main, une militante lance aux gendarmes: « On reviendra ».

 


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