accueil  Accueil / Cultures / Actualités / Observatoire des prix et des marges : l’aval peine à amortir l’envolée des prix des matières premières
Actualités

Observatoire des prix et des marges

L’aval peine à amortir l’envolée des prix des matières premières

Publié le mercredi 04 décembre 2013 - 18h20

    • agrandirla taille du texte
    • reduire la taille du texte
    • imprimer
Rayon de boucherie et charcuterie d'un supermarché (© Watier - 2011)

La part de blé dans le prix d'une baguette en 2012 ne représente que 8 %, et celle du lait dans le prix du yaourt plafonne à 16 %, révèle le dernier rapport de l'Observatoire de la formation des prix et des marges, publié mercredi. Tous produits confondus, la part de la matière première agricole dans « l'euro alimentaire » reste faible : sur 100 € de dépenses, seulement 8 € reviennent à l'agriculture (7,6 € l'an passé).

 

 

Prix stables en rayons

 

Après une année 2012-13 marquée par la flambée des prix des matières premières, les résultats de l'Observatoire étaient très attendus. Ils confirment que les industriels et les distributeurs ont bien rogné leurs marges pour « amortir le choc ». « L'extraordinaire stabilité du prix moyen du lait UHT en GMS s'explique par un ajustement au niveau des marges des industriels, a illustré Philippe Chalmin, président de l'Observatoire. Pour la tranche de jambon, l'ajustement s'est plutôt fait du côté des distributeurs ».

 

Le grand gagnant est donc le consommateur. Pour Philippe Chalmin, « la vive concurrence entre les enseignes de distribution semble bien être le fluide du circuit de refroidissement des hausses de prix agroalimentaires et de leur transmission vers le consommateur ». Problème : ce système d'ajustement arrive en bout de course. « Tout le monde est dos au mur, il n'y a plus rien à grappiller », confirme l'économiste. Surtout en élevage. « Même en tenant compte des hausses de prix, les secteurs d'élevage étaient au début de 2013 clairement dans le rouge dans le domaine du porc, de la volaille et à peine à l'équilibre – en tenant compte des subventions – pour la viande bovine et le lait. Quant aux industriels, ils n'ont cessé de se dégrader. »

 

 

Marges faibles, voire négatives

 

L'Observatoire confirme par ailleurs la faiblesse des marges nettes que s'octroient les distributeurs : 2,3 % en moyenne sur l'ensemble des rayons étudiés (1,5 % après répartition de l'impôt sur les sociétés, l'« IS »). Leurs comptes laissent même apparaître des marges négatives pour certains rayons : -1,3 % en boucherie (-0,8 % après répartition de l'IS), -2 % en boulangerie-pâtisserie ( -1,3 après répartition de l'IS) et -5,8 % dans le secteur de la marée, qui regroupe les produits de la pêche et de la pisciculture (-3,7 % après répartition de l'IS).

 

Selon la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution), qui s'est rapidement exprimée sur le sujet, « la rentabilité négative de la boucherie, de la boulangerie et de la marée s'explique par des coûts de personnel plus élevés que les autres, en raison notamment des besoins d'entretien du rayon et de service des clients. A titre d'exemple, les frais de personnel spécifiques au rayon de la boulangerie représentent 30,5 % de son chiffre d'affaires ».

 

Fait nouveau, l'Observatoire des prix et des marges est parvenu à décortiquer l'ensemble des charges pesant sur les rayons. Les charges directes (approvisionnement, eau, gaz et électricité, taxes et redevances spécifiques..) comme les « charges communes réparties » (immobilier, frais de personnels hors rayon, frais financiers et autres charges communes variables selon les enseignes). Un grand pas pour la transparence.

 

Bien sûr, comme l'année passée, les critiques ne devraient pas manquer. D'abord parce que les moyennes réalisées pour les besoins de l'Observatoire cachent les disparités entre les magasins. Tous n'adoptent pas les mêmes stratégies de rayons et ne répartissent pas leurs charges de la même manière. Ensuite, parce que les résultats reposent uniquement sur les données qu'ont bien voulu communiquer les enseignes. Mais Philippe Chalmin refuse de remettre en cause « la qualité scientifique » de ces travaux. « On peut toujours les améliorer, estime-t-il, mais ils sont inattaquables. Et il n'est d'ailleurs pas sûr que la DGCCRF ait de meilleurs chiffres sur les comptes de rayon ! »

 

 

Téléchargez le dernier rapport de l'Observatoire de la formation des prix et des marges.

 

Alain Cardinaux
Publié par
Journaliste Institutions, gestion et droit

Les commentaires de nos abonnés (0)
Connectez-vous pour réagir  Soyez le premier à commenter cet article.
Fonctionnalité réservée aux abonnés

Le commentaire d'article est réservé aux abonnés de La France Agricole.

Si vous êtes abonné, identifiez-vous dans le bloc "services experts"
situé en haut à droite de la page.

Si vous voulez vous abonner et profiter de tous les contenus du site ainsi que de l’édition papier de La France Agricole, cliquez sur le lien ci-dessous :



SERVICES EXPERTS

>Première inscription

Je suis déjà inscrit :
Mon identifiant :
Mon mot de passe :  
| Aide |
puce Identifiants oubliés ?
puce Toutes les offres d'abonnement
> Feuilletez un ancien numéro

SONDAGE

Santé animale : avez-vous enregistré des cas d'antibiorésistance dans votre élevage ?

> Tous les Sondages
Les sujets
LES PLUS LUS

Archives de
La France Agricole

Recherchez

dans les archives de la France Agricole et

Feuilletez

les numéros depuis 2004

Suivez La France Agricole :
la France Agricole sur Facebook La France Agricole sur twitter La France Agricole sur Google +

Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles

> Découvrir nos Offres

Les publications du Groupe France Agricole
En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies afin de nous permettre d’améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus et paramétrer les traceurs. OK