accueil  Accueil / Dossiers / Autres dossiers / Bio: pour répondre à la demande / Des légumes bio en panier hebdomadaire
Autres dossiers
Chaque semaine, les paniers sont composés de quatre sortes de légumes et d’une sorte de fruits, pour un poids d’environ 5 kg pour les «bio cabas» classiques et 7,5 kg pour les familiaux. © GFA

Article 26 :

Des légumes bio en panier hebdomadaire

Pour mieux valoriser leur production, Alexandre Cazé et son associé en commercialisent une partie dans les «bio cabas».

«Depuis son arrivée sur l’exploitation de la SCEA Vert’tige de Wavrin dans le Nord, Alexandre Cazé a développé la vente de légumes bio au travers des "bio cabas". Comme seize autres producteurs de la région, il participe à la confection de ces paniers de légumes que la coopérative Norabio, de Phalempin, met chaque semaine à la disposition de ses clients abonnés dans quarante-cinq points-relais. Cette décision a permis à l’exploitation de valoriser un hectare supplémentaire en bio, de mieux programmer sa production, de mieux répartir le travail et de mieux résister aux variations brutales des cours.

Après des études d’ingénieur en agriculture à l’Isa de Lille et un master sur la protection intégrée à Wageningen aux Pays-Bas, Alexandre Cazé a voulu appliquer sur le terrain tout ce qui l’avait motivé pendant ses études, à savoir la recherche de solutions alternatives pour les cultures. Bien qu’issu d’une famille citadine, il a voulu tenter l’aventure et s’installer comme producteur bio. Il a eu l’opportunité de rentrer en tant que jeune agriculteur dans la SCEA Vert’Tige, que l’un des deux associés allait quitter. Son installation a été officialisée en septembre 2007, mais il y travaillait déjà depuis deux ans. «Lorsque je suis arrivé, les «bio cabas» ne représentaient qu’environ 1% des débouchés de l’exploitation, explique Alexandre Cazé. Pour que je puisse dégager un salaire à temps complet, il fallait que je développe cette activité.» Son associé, Benoît Canis, n’est présent qu’à mi-temps, la cogérante de la SCEA qu’il a remplacée ne travaillait pas non plus à temps complet.

Un hectare supplémentaire

Le jeune agriculteur a déjà réussi son pari. En 2007, la fourniture de légumes à Norabio, pour la confection de «bio cabas», a permis de valoriser un hectare supplémentaire. Sur les 5 ha que compte l’exploitation, 4,5 ha sont désormais mis en culture, au lieu de 3,5 ha auparavant. Ce débouché représente aujourd’hui 15% de l’activité de l’entreprise bio et lui a permis de dégager un chiffre d’affaires pour cet atelier de 18.000 euros. Alexandre Cazé s’est aussi très vite impliqué dans l’organisation de la coopérative, puisqu’il a été nommé administrateur.

Il est désormais possible de trouver des semences bio pour presque toutes les espèces, mais la SCEA ne produit qu’une partie de ses plants, et a souvent recours à des achats en bio. © GFA C’est en 2002 que Norabio a lancé ses «bio cabas». Chaque semaine, dix-sept agriculteurs livrent leurs légumes pour la confection de paniers de deux tailles différentes: des classiques qui correspondent à la consommation pour quatre repas de deux ou trois personnes, et des familiaux pour trois ou quatre personnes. Les clients s’engagent pour trois mois, six mois ou un an, à en acheter un par semaine, à un prix identique toute l’année. Cette production entre dans le cadre d’une économie solidaire car la préparation des paniers et leur livraison à bicyclette dans les relais sont confiées à deux associations d’insertion: Service civil international et Vesspa. «Le fait de connaître le nombre de paniers à confectionner est très intéressant. Cela nous permet de planifier la production plusieurs mois à l’avance, même si les aléas climatiques perturbent parfois nos programmes», reconnaît Alexandre Cazé.

5.000 m² de serres

La SCEA produit une quarantaine d’espèces de légumes différentes, qui vont des carottes ou des poireaux à une très grande variété de salades ou de courges, en passant par des choux, pommes de terre, céleris, épinards, topinambours… «Une partie des cultures est implantée sous abri pour assurer la production de primeur, souligne le jeune agriculteur, mais aussi pour produire des espèces que nous ne pourrions pas cultiver en hiver dans la région, comme le mesclun ou le pourpier.» L’exploitation compte 5.000 m2 de serres plastiques, équipées d’un système d’irrigation par sprinkler, l’alimentation en eau étant assurée par un forage. Pour respecter le cahier des charges bio, les deux points essentiels sont la fertilisation et la protection des cultures. «Il est désormais possible de trouver des semences bio pour pratiquement toutes les espèces», indique-t-il. Mais la SCEA ne produit qu’une petite partie de ses plants, et a souvent recours à l’achat de plants bio. «Le fait que les "bio cabas" soient vendus à un prix fixe, qui a été établi en tenant compte de nos coûts de revient, présente également un très gros avantage, ajoute Alexandre Cazé. Pour les autres débouchés, nos légumes sont sujets aux très fortes variations de prix du marché, et à la concurrence des produits importés.» Sur les 9,75 euros auxquels les «bio cabas» classiques sont actuellement vendus, entre 4,5 euros et 5,2 euros sont rétrocédés aux agriculteurs pour la vente de leurs légumes. Pour les grands «bio cabas», qui sont vendus 13,4 euros, 7,5 euros, en moyenne, reviennent aux producteurs. «Nous calculons nos prix de revient à partir de l’ensemble de nos coûts, indique-t-il, auxquels nous ajoutons une marge qui nous permet de rémunérer notre propre travail sur la base d’une fois et demie le Smic.»

Des solutions adaptées au cahier des charges bio

© GFA Pour la fertilisation de leurs légumes, Alexandre Cazé et son associé apportent 15 t/ha de compost de champignonnière une fois par an, des tourteaux de ricin, farines de plume et vinasses de sucrerie (autorisées en agriculture biologique). «Le désherbage est l’opération la plus gourmande en temps, indique-t-il. Nous pratiquons des faux semis et nous avons recours à un désherbeur thermique. Ce matériel est alimenté par du propane, qui détruit les mauvaises herbes présentes par brûlage à la flamme, comme après un semis de carottes, juste avant la levée de la culture. Nous passons enfin beaucoup de temps à désherber à la main.» Pour lutter contre les insectes, les associés essaient de favoriser au maximum les auxiliaires naturels. Jusqu’à présent, et uniquement en dernier recours, ils utilisaient de la roténone ou des pyrèthres naturelles à spectre large, voire des Bacillus thurengiensis, par exemple contre les papillons des choux. Pour la protection contre les maladies, ils emploient de la bouillie bordelaise ou du soufre.

par Blandine Cailliez

(publié le 28 mars 2008)

Sommaire du dossier
Archives agricoles


SERVICES EXPERTS

>Première inscription

Je suis déjà inscrit :
Mon identifiant :
Mon mot de passe :  
| Aide |
puce Identifiants oubliés ?
puce Toutes les offres d'abonnement
> Feuilletez un ancien numéro

SONDAGE

Santé animale : avez-vous enregistré des cas d'antibiorésistance dans votre élevage ?

> Tous les Sondages
Les sujets
LES PLUS LUS

Archives de
La France Agricole

Recherchez

dans les archives de la France Agricole et

Feuilletez

les numéros depuis 2004

Suivez La France Agricole :
la France Agricole sur Facebook La France Agricole sur twitter La France Agricole sur Google +

Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles

> Découvrir nos Offres

Les publications du Groupe France Agricole
En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies afin de nous permettre d’améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus et paramétrer les traceurs. OK